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Rôles symboliques de l'animal pour l'enfant

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souris65
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Rôles symboliques de l'animal pour l'enfant

Message par souris65 » dim. 20 nov. 2011 18:27

L'animal en peluche

Pour le nourrisson, l'animal est inanimé et rien ne le différencie de l'ours en peluche. Lorsqu'on ne peut ou ne veut pas donner au très jeune enfant un animal vivant, on lui offre un substitut, l’animal-jouet. Les enfants égyptiens jouaient avec des éléphants en terre cuite. Le cheval-jouet fut très longtemps en vogue. L'origine du Nounours, célèbre dans le monde entier, ne date que du début du siècle. Sa naissance anecdotique mérite d'être rapportée. Théodore Roosevelt (dit "Teddy" ) était un chasseur d'ours. En 1902, au cours d'une partie de chasse, il épargna un jeune ourson terrorisé. Un caricaturiste politique, Clyfford Berryman, croqua la scène d'un trait de crayon et toute la presse relata l'histoire qui inspira un perspicace marchand de jouets américain, Morris Michton, qui eut l'idée ingénieuse de confectionner un ourson dans un manteau de fourrure et sollicita l'autorisation de l'appeler "Teddy" . A la même époque, en Allemagne, Margarete Steiff, jeune paralysée qui fabriquait des animaux en feutre, eut l'idée de produire un ours avec de la peluche mohair et de l'appeler également "Teddy" . En 1903, au salon de Leipzig, un Américain ébloui lui en commanda 3000 exemplaires. Très rapidement, la vogue s'étendit et la confection industrielle de Teddy Bears prit un départ fulgurant dans le monde entier.

Une étude menée par un fabricant français a montré que l'enfant possède en moyenne cinq peluches. L'ours représente 86% des achats et reste l'animal en peluche favori des enfants de 3 ans ; ensuite arrive le singe ; Pour plaire, la couleur de l'ours en peluche n'a pas d'importance mais l'aspect humanoïde est indispensable. Sa taille doit être moyenne et ses bras articulés, ces critères correspondant au besoin d'embrassement et de possession de l'enfant. Plus l'ours est velu, plus il a de succès.

L'aspect sécurisant de l'ours en peluche a été démontré par de nombreux auteurs et s'étend bien au delà du premier âge. C'est le premier compagnon, celui avec lequel on joue et auquel on fait ses confidences ; C’est également le premier que l'on tente de dominer, celui sur lequel on transfère son agressivité et qui participe aux premières manifestations érotiques. La peluche joue le rôle de substitut quand la mère quitte le champ de vision de l'enfant. Les multiples réactions de transfert et d'identification possibles rendent très importante la présence de cet animal auprès de l'enfant. C'est l'ami total mais aussi un support aux jeux d'imitation puis d'imagination. Le psychologue André Michelet s'est penché sur l'ours en peluche et pour lui, les raisons du choix de cet animal sont simples : "L'ours n'est pas une représentation exacte du plantigrade, mais plutôt une figure anthropomorphique symbolisant un être humain avec le moins de précision possible. Du fait même de cette imprécision, les rapports du tout-petit avec son ours peuvent être plus ouverts, plus fantasmés que ceux noués avec une poupée puisqu'il s'agit d'un support moins réaliste" .

L'animal vivant

L’apprentissage progressif au cours duquel l'animal sert de modèle à l'enfant ne doit pas débuter n'importe quand. Il est préférable d'attendre que le nourrisson ait 6 mois avant d'introduire un animal dans l'environnement de l'enfant.

Le 6ème mois est la période sensible pour la formation de la personnalité de l'enfant Jusqu'alors était très dépendant de sa mère. Au fur et à mesure qu'il acquiert son indépendance, il apprend la peur, peur de tout ce qu'il n'a pas expérimenté, et connaît l'angoisse de perdre sa mère (vers 7 ou 8 mois). Il commence alors à prendre conscience du monde extérieur et sa curiosité s'en trouve aiguisée. Les meilleures chances de réussite, quant à l’introduction de l’animal vivant dans l’environnement de l’enfant, sont obtenues avec un animal de 2 mois et demi. Ils partent ensemble à la découverte de la vie et s'habituent l'un à l'autre.

Le pédiatre anglais D.W. Winicott a bien montré que l'animal vivant est pour l'enfant un objet transitionnel, le descendant direct du sein maternel, du jouet doux et de l'animal en peluche. Globalement, l’animal vivant permet au bébé de se sentir en sécurité, d'agir et d'entreprendre sans la présence ou l'interaction des parents.

Le processus d'identification

A partir de 9 ou 12 mois, le nourrisson prend conscience de la différence entre son compagnon et une peluche, entre un être vivant et les objets. De la même façon, il établit très vite la différence entre l'animal et les adultes alentour. C'est d'ailleurs ainsi que le chat et le chien jouent un rôle important dans les processus d'identification. Ce que l'animal fait, l'enfant le fait aussi. Dormir ou manger, se déplacer ou jouer, tout contribue à ce que le petit humain prenne conscience de ses propres actions qui revêtent maintenant une signification dans son environnement.

C'est en 1937 que Freud s'est rendu compte du bénéfice qu'on pouvait tirer de la relation de l'enfant à l'animal en considérant le processus des identifications. L'enfant s'identifie à l'animal comme à ses poupées. Freud note que : "les enfants n'ont aucun scrupule à considérer les animaux comme leurs égaux à part entière. Ils se sentent davantage apparentés aux animaux qu'à leurs parents, qui peuvent bien être une énigme pour eux. Dans un premier temps, la ressemblance est du côté de l'animal, la différence du côté de l'adulte."

On oublie souvent, indique Bernard Brusset, "que l'enfant est sans arrêt confronté aux limites de ce qu'il ne peut comprendre. Il est exclu non seulement d'un certain nombre d'activités des parents mais aussi des conversations familiales, de l'intelligence de ce qui se passe autour de lui." Il partage cette situation avec l'animal. Le fonctionnement psychique de l'enfant est encore infiltré de manifestations magiques. L'animal devient une cible privilégiée pour ses projections identificatrices, libidinales ou destructrices et sert de reflet à l'enfant en lui montrant la vie dans sa réalité quotidienne. Ainsi, le petit homme va, au travers d'une adaptation mutuelle, acquérir un sentiment de confiance et apprendre à prendre ses responsabilités.

Spontanément, dès l'âge de 3 ans, l'enfant s'identifie à ses amis animaux. C'est au travers d'identifications successives que l'enfant construit sa propre personnalité comme l'analyse Ange Condoret : "Ces identifications à l'animal n'en restent pas moins une sorte de langage qui, tout en déchiffrant le comportement de l'animal, aide les enfants à mieux se connaître, donc à s'accepter, et à capter pour leur propre compte les forces de l'animal : d'où la protection magique exercée par celui-ci " .

Au fur et à mesure que l'enfant grandit, l'animal va devenir un refuge, un confident à qui il va confier ses peines et ses joies. Le pédiatre anglais Winicott le formule très bien lorsqu'il écrit : "L'enfant a besoin de faire marcher son imagination, de rêver, de vivre dans un monde à lui. Il doit se distancer de ses parents et plus il est jeune, plus cela est difficile. La présence d'un chien facilite les choses."

Le jeune enfant attribue ses propres sentiments et ses réactions affectives à l'animal, qu'il considère, à juste titre, comme parfaitement capable de communication. Il va donc attribuer certains de ses problèmes à son animal et, à l'inverse, assimiler certaines de ses forces. Ces identifications se retrouvent dans les jeux de cet âge (chat, chat perché, etc.) où l'enfant prend la force et l'agilité de l'animal. Ange Condoret a montré que "le sentiment de contrainte qui peut être celui de l'enfant dans ses rapports avec ses parents va s'atténuer. Il pourra, grâce à l'animal, s'élever jusqu'à un pied d'égalité auprès d'eux. Il en naîtra une sécurisation qui ne peut être que favorable à l'épanouissement de sa personnalité."

Vers 4 ans, âge moyen de scolarisation, l'enfant rencontre de nouveaux modèles et diversifie ses identifications. Toutefois, son animal familier reste pour lui un élément de référence stable. Vers 6 ans, l'enfant est confronté au monde social des adultes, effarant et peu compréhensible, et se sent seul. La recherche d'une projection de ses besoins affectifs inassouvis est constante. Pour de nombreux enfants, l'animal domestique va jouer le rôle de confident, de refuge.

Pour l'enfant, L'animal contribue à la socialisation de son jeune maître de 3 - 4 ans. Observant les comportements de son compagnon, l'enfant s'appréhende et s'accepte en s'identifiant à lui. Il lui prête les mêmes sentiments et s'imagine qu'ils passent tous les deux par des moments identiques d'émotion. L'enfant peut même aller jusqu'à rejeter la responsabilité de ses bêtises sur son animal afin de détourner les soupçons. D'autres fois, il veut apprendre des choses à son ami et se transforme en éducateur à l'image de ses parents à son égard.

A l'âge de la première rentrée scolaire, l'enfant est confronté, en classe, à des épreuves que la présence de son compagnon l’aide à surmonter. Il devient le complice de ses peines et de ses joies, le confident de ses secrets.

La période pré-pubertaire conditionne et prépare le psychisme de l'enfant. C'est souvent à cette époque, entre 6 et 12 ans, qu'un enfant désire un animal comme si une telle présence s'imposait pour son équilibre mental et affectif. Didier Delrieu l'explique ainsi : "pour édifier les bases de sa personnalité, l'enfant a recours à l'animal comme pour fortifier son expérience d'homme. Cette sollicitude s'accompagne d'un attachement profond " .

Ange Condoret a montré comment la présence d'un animal modifiait les rapports intra-familiaux :

"Dans le cas de relations enfants-parents perturbées, l'animal est désiré comme objet de communication et lieu de projection affective. Son arrivée provoque une décharge affective entraînant le déblocage de certaines inhibition : il déclenche ou favorise le discours. Les relations enfants-parents sont améliorées également du fait de la compétition qui s'instaure vis-à-vis de l'animal. Qui le soigne ? Vers quel membre de la famille se dirige-t-il spontanément ? Qui parvient à lui faire faire "le beau" ? Enfin, l'enfant pourra mieux, à travers ses relations avec l'animal, analyser son propre statut de fils aimé, choyé" .

Dr Lyonel Rossant et Dr Jacqueline Rossant-Lumbroso
http://www.doctissimo.fr/
Nier la soufrance de l'animal entraine vite à devenir indifférent
à celle de l'humain.


Pour protéger, il faut aimer. Pour aimer, il faut connaître.
"Sans les animaux le monde ne serait pas humain" Kl. Matignon


Calins à vos toutous de Sabine
et léchouilles de Freckles, Jaïa et Lakshmi

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